Le coût du capital demeure trop élevé en France : la CCEF lance un cri d’alarme sur l’urgence des réformes en France

Le « coût du capital », estimé à 8.60% par les experts de la Compagnie des Conseils et Experts Financiers (CCEF), se situe en France à un niveau élevé. Et ce malgré les efforts de la BCE, qui ne pourra pas soutenir les entreprises en l’absence de réformes nationales profondes.

Un taux comparable à la fin de l’année 2016 malgré l’action de la BCE

 

Dans le cadre de son Observatoire de la Valeur des entreprises cotées et non cotées, qui offre des outils de calcul précis de la valeur d’une entreprise, la CCEF a mis à jour de nombreuses données.

 

Parmi-elles, le « coût du capital », évalué à 8.60%, soit à un niveau quasi-comparable à celui de la fin de l’année 2016 (8,66%).

 

La CCEF estime que ce coût est trop élevé, alors même que l’une de ses composantes, le taux des Obligations d’Etat à 10 ans, a considérablement baissé grâce à l’action efficace d’assouplissement quantitatif, conduite par la Banque Centrale Européenne, depuis 2015.

 

Malgré cette politique de la BCE, la CCEF considère ainsi que le taux à 10 ans aujourd’hui proche de 1.0%, devrait, continuer sa course ascendante et s’établir autour de 1.3% à la fin de l’année 2017.

 

La nécessité de réformes pour le développement des entreprises françaises

 

Surtout, la CCEF attire l’attention sur le fait que la politique de la BCE ne pourra se poursuivre indéfiniment. Dans l’hypothèse où l’assouplissement quantitatif viendrait à s’arrêter, la CCEF estime que le taux à 10 ans évoluerait progressivement vers un taux d’équilibre qu’elle situe à hauteur de 3.2%, ce que l’économie française ne pourrait, en aucun cas, supporter, compte tenu de sa dette abyssale.

 

Comment expliquer que le coût du capital reste alors cantonné à un niveau aussi élevé (8.6%) ? Cela tient aux risques inhérents à l’économie française : chômage de masse centré sur les plus jeunes et les séniors, déficit chronique de la balance commerciale, faible progression de la productivité globale des facteurs, incapacité à maîtriser les dépenses publiques et réticences à toute réforme sociale.

 

Les risques qui pèsent sur l’économie de la France contribuent de ce fait à renchérir le coût du financement en fonds propres.

 

Quelles conséquences cela peut-il avoir sur le développement des entreprises ? Ce sont les secteurs d’activité qui se financent en fonds propres et non par de la dette qui sont le plus affectés par un coût du capital aussi important. On peut mentionner le secteur des entreprises technologiques où les investissements se financent essentiellement par des fonds propres. Avec un coût du capital à 8.6%, beaucoup d’investissements ne se feront pas faute d’une rentabilité pouvant atteindre ou dépasser un tel seuil. Derrière cela, c’est toute l’innovation qui se trouve gravement affectée, ce qui explique pour partie la très faible progression, depuis plusieurs années de la productivité, en France (+0.2% par an sur les dernières années).